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Recit d’exploration, Le Goul de la Tannerie



Tout commence par une histoire entre amis, nous nous sommes retrouvés le 31 décembre pour faire la dernière plongée de l’année, au Goul de la tannerie, avant de réveillonner ensemble.



Cette plongée, pour Bertrand et moi même, nous a donné un réelle goût d’y reviens y.

Nous avions donc convenu de revenir y faire un tour le week-end du 18 février.


Préparation de la plongée :

L’équipe est confirmé pour ce week-end, Thierry Fresquet, Nicolas Febvay, Bertrand Hemard, Clément Chaput et moi même comme plongeur, Nadeige Lenczner aura la tâche ingrate de rester en surface.



Bertrand et Clément ont comme objectif maximal -180 m, Thierry et Nicolas -85 m.

Pour ma part pas d’objectif précis.


Par ailleurs pour des soucis de sécurité au regard de la saturation, je ne souhaite pas faire une plongée supérieur à 5h-5h30.

Après quelques extrapolations et calculs, nous décidons que je ne m’autoriserai que 3 min de progression supplémentaire par rapport à la plongée de décembre.

Grosse inconnue pour moi, le SNHP, car avec les vitesses de descentes que je ferai pour minimiser mes temps de saturation, j’augmenterai massivement ce risques.

Il est prévu que nous partirions en 2 palanquées :

Clément , Bertrand et moi en premiers,

Thierry et Nico en second. Ils seront sur leur déco en même temps que nous et pourront nous décharger.


Les config : au niveau des stratégies de sécu nous avons croisé les techniques.

Clement et moi optons pour une mutualisation d’une déco ouverte : 15L d'oxygène, 15L de 50%), un second TRITON chacun de sécurité que nous laisserons à -55m avec un NLS Explorer et un Cuda pour Clément et deux XK1 pour moi.

Bertrand lui à toute sa redondance en ouvert avec un NLS Explorer.

Pour nous trois, nous avons chacun en plus de nos deux 20 L fond, deux 20 L de 15/55 pour 3 qui resteront en tête du puits terminale.


Le jour J, la plongée :




Nous arrivons au Goul de la Tannerie le samedi à 8:30, il n’y a personne, nous nous affairons rapidement à décharger le matériel.


Dernier rappel du plan de plongée et du temps d’immersion prévu.


A 10:02, Clément, Bertrand et moi, nous nous immergeons. Nous sommes un peu chargé et prenons le temps sur les premiers 700 m, 32 minutes pour y arriver.

Nous déposons les bouteilles et effectuons un contrôle des pressions et confirmons entre nous que tout est bon pour la poursuite de la plongée.


Etape suivante, à -55 m où nous laissons avec Clément nos deux TRITON de secours avec leurs boucles distinctives rouges.

Comme convenu pendant que Clément et moi vérifions les TRITON, Bertrand part seul vers le fond afin de valider la ligne jusqu’à -180 m maximum.


Nous filons avec Clément vers le fond. Je pars en tête scooter à fond, pilotant ce dernier dans la plus grande des décontractions pour ne pas forcer. Je passe très vite le point bas à -100 m avant de remonter pour arriver en haut du puit.

Je prends le temps de déposer ma 20 L de 15/55, et de valider avec Clément lorsqu’il dépose, lui aussi, sa 20 L et son cuda.

Un dernier signe OK et on continue vers le fond.


A -160 m, on croise Bertrand qui nous fait un signe OK, tout est donc bon jusqu’à -180 m. Clément s'arrête à cette profondeur.



J’enchaine les ressauts, virages au plus court comme un pilote sur un circuit afin de gagner quelques minutes, qui au finale représentent des heures de décompressions.


Ça y est, j’arrive à -230 m en haut du dernier puit. Je plonge. Après quelques secondes j’arrive au terminus de Xavier Méniscus.

Je regarde mon ordi, tout est bon, j’ai le droit pour tenir mon timing à 2 min 45 A/R et je serais dans les temps.

Je sors le bobinot prévu pour l’occasion. Je fais une tête d’alouette sur le fils de Xavier et pars à fond.

La galerie est lisse.

Plus j’avance, plus je me demande quand je vais pouvoir amarrer le fils. En 20 m, j’ai pas vu un seul encrage. Je suis dans une galerie de 3 par 4 m circulaire dont le fond est à -240m et orientée plein Sud.


Après 27 m je vois un béquet et la galerie tourne sur la droite au cap 240 en conservant toujours la même section.


Je suis à 35 m de fils déroulé, quand, au sol, à -242 m, je vois une petite pierre sur laquelle je peux envisager d'amarrer mon fils.



Je suis un peu exposé au SNHP, j’ai quelques tremblements aux mains, mais cela reste grandement maîtrisable. Je contrôle mon Freedom, je suis dans les temps et je peux continuer 20 secondes si je le souhaite.

Mais trouverais-je un amarrage d’ici là ?

Aussitôt la question posée je décide de faire demi tour, je laisse mon bobinot au sol.


La respiration sur le TRITON est extrêmement souple et facile. J’ai grandement apprécié les performances du TRITON en terme de travail respiratoire au fond.


A la remontée, les puits se succèdent. A la sortie de la galerie à -180 m je me fais la remarque que je suis à la maison. En arrivant à -125 m, je vois Clément devant moi, en plus d’être super bien, je ne suis plus seul. A -100 m, je connecte mon chauffage afin de limiter le froid, la vasoconstriction et de favoriser la décompression.

Les paliers s’enchainent, à -55 m on récupère avec Clément les machines de secours. Clément change de machine histoire de refaire la manipulation.

Nous croisons Thierry et Nico dans cette même zone, on leur fait un grand signe que tout est OK. Ils poursuivent jusqu’à leur objectif de -85 m.


Entre -6 m et -18 m, nous sommes tous ensemble, c’est vraiment bon, 7 TRITON dans le puits à la déco.

Bertrand fera une plongée de 3 heures départ / retour vasque (déco complète dans le puit). Il rentre juste après Thierry et Nico. Avec Clément, nous restons 2 heures seuls. Nous avons choisi de faire la déco au fond pour maximiser la sécurité et conserver les 700 m de retour en oxygénation et afin de dé-saturer vu qu’il faut piloter le scooter.

Nous sortons avec Clément à 15:20 soit 318 min après notre départ.



L’encombrement, l’hydrodynamisme et le travail respiratoire du TRITON m’ont permis de me déplacer à des vitesses élevées, de respirer en sécurité par -242 m de profondeur.


Nous laissons tout le matériel à l’eau, allons nous changer, et casser la croute,… nous